Anne et Farouk

Anne et le chien Farouk, c. 1958.

UN SACRÉ TOURNANT.

Quand arrive janvier 1956, ARMAN qui peint depuis l’installation familiale Parc de la Californie à Nice, fait sa première exposition.

Face à l’église Notre Dame de Paris, à la galerie du Haut Pavé, il présente ses gouaches. Claude Rivière dirigeait la galerie ; ce n’est pas un énorme succès, mais c’est « le pied à l’étrier ».

Arman et Éliane en profitent pour récupérer leur première voiture qui tiendra une place d’importance dans leur histoire (jusqu’au bout Arman aimait à en parler dès qu’un interlocuteur l’interrogeait sur cette période de sa vie).

La question de l’argent est omniprésente durant cette période, ainsi que pour leurs allers et retours à Paris. Autour de cette exposition, ils vont chercher leur 2CV, qui fera leur voyage de retour à Nice. Dans l’un des hivers les plus rudes depuis des décennies, avec des congères partout et Arman (que l’on reconnaît bien là !) décidé à passer outre toute condition contraire à son désir : rentrer chez lui !

Entre Aix-en-Provence et Cannes, des cadavres de voitures sont plantés partout dans les congères. La légende familiale dit qu’ils furent les seuls à passer ce jour-là pour arriver à destination !

Et trouver à l’arrivée la première collection d’Arman complètement anéantie : celle de ses plantes grasses. Les succulentes n’ont pas résisté à l’absence des maîtres des lieux et aux intempéries.

Annonce métaphorique de toutes les galères qui vont suivre en cette année 1956 ?

Anne, la cadette doit subir une importante opération chirurgicale de la hanche.

Les parents d’Arman auront un terrible accident de voiture.

Quelques jours après la sortie de Anne de l’hôpital, on diagnostique à Éliane une tuberculose qui doit l’éloigner.

Elle part en sanatorium et toute une organisation familiale va devoir se mettre en place.

Cette séparation va durer un an.

Farouk, le compagnon à quatre pattes, malade, doit être euthanasié.

Lettre d’Arman à Éliane Radigue

Non datée. 1956.