MILLE FEMMES...

Alors, Arman ; tu la voulais comme ça ? Celle (s) à qui t’adresser.

Sachante, qui osait dire non et le revendiquait.

Tu la voulais, malgré le risque de la peine, de la mort, du danger du corps à corps.

 

De la perdre ?

Elle ?

Ou la maîtrise de ton geste ?

 

Il lève son sourcil sur œil noir, cette expression, elle est bien à lui.

Au-dessus de la concentration à ce qu’il est en train d’accomplir avec un pinceau, à la couleur, au cutter, peu importe, le bout de la langue un peu serré entre les lèvres. Le sourire en coin se plisse au front de quand il va énoncer, l’harmonique accent du midi sur la corde vocale pour la chose un peu paradoxale comme il apprécie :

« — Et ben, c’est gai… »

 

MILLE FEMMES PLUS FEMME QU’UNE FEMME ?

 

Dans son secret des choses ?

Pour brasser l’identité et recomposer à cœur sans concessions chaque reflet de la quantité.

Point d’arrivée : L’UNITÉ…

 

Éternelle…

Féminin.

 

Si le prix de l’éternité en passait par la diffraction à répéter en multiple pour la métamorphose constituée de parvenir à fabriquer le reflet, miroir pour se comprendre et s’y reconnaitre ?

Touchés…

Rendons ses titres de noblesse à cette valeur sûre de l’accumulation sans reculer, ni avoir peur du nombre. Pour honorer et faire devoir de mémoire.

Pardon, pas juste une mémoire, mais de mémoire juste.

 

Marion Moreau,

31 Août 2015.

 

Extrait du journal d’Arman, entrée du 12 mars 1992

Je veux beaucoup mais aussi je donne beaucoup. Je ne parle
pas de ce que je peux donner matériellement mais de ce que j'apporte comme monde, climat, exaltation créatrice, angoisses fondamentales.
etc. etc. et il me faut un dialogue et non un monologue. ya veramos/