UNE HISTOIRE D’HOMME.

Mais ce n’est pas une femme qui participe au rituel.
Une histoire d’homme cette fois ce tango.
 
D’ailleurs, c’est étrange, il parle, Arman, au moment : du masculin.
Seulement du masculin.
De son fils, Yves.
De son père, Fatheur.
Ses absents.
L’horloge a stoppé le temps, elle ne marque plus l’heure.
Sauf celle de…
L’ATTENTE.
Comment figurer cette image…
L'ABSENCE.
 
Il dessinait des montres, Armandito…
« — JE DESSINAIS DES MONTRES. » 
 
Celles tellement regardées au début de l'histoire ?
Par lui et par l’autre.
Ils l’ont tellement attendu :
Antonio, son père, jusqu’à tous ces jours où il ne venait plus…
Ce temps qui fixe l’éventualité d’une possible déconstruction.
L’hypothèse d’une catastrophe.
Un temps décomposé.
À recomposer.
 
 
Tout de suite, il explique comment tout a mal tourné du contre nature de la voiture qui a fait ces tonneaux ce 14 février 1989 sur la route de Saragosse (tiens, l’Espagne encore, un destin…)
« — C’est là que j’ai commencé mon cancer de la veuve ».
Ah, bon ? C’est lui qui est devenu l’autre : la femme qui porte en elle…
 
 
 
Son père.
Décédé plus tard, dans l’ordre des choses, il était âgé, sauf comment son cœur a explosé, à Arman… Avec la mémoire superposée des deux moments de n’avoir pas pu aller les reconnaitre, souffle coupé, ni l’un, ni l’autre.
Parce que le regard, la vision, c’est tellement pour du vrai, que cette fin-là, il pouvait l’entendre, par force, on ne peut pas fermer ses oreilles. Mais pas de solution, sauf fermer les yeux aux images.
Pas « — d’issues », là. Plus de mouvements, plus de respiration. Le corps contacté en perdition : aux abonnés de…
L’absence.
Juste du vide.
 
Comment recomposer sans trahir le fracas ?
Comment redonner, la vue, le son, l’image, le récit, le plein ?
 

Nuit du 17 au 18 feb 94
depuis qq jours je n’ai rien écrit et pourtant avec la St Valentin il y aurait des choses à dire. c’est toujours vivant. et douloureux cet anniversaire qui pour moi maintenant est plus le souvenir de la mort de mon fils que la fête des amoureux. en un certain sens la fête était finie et il restait à éteindre les chandelles – qui s’étaient transformées en cierges.