Carte postale de Arman à ses enfants

Colombie 1972.

ARRIVÉE VERS LA QUARANTAINE : LA CRISE.

Arrivée vers la quarantaine : vrai alors, l’image qui y colle à la peau d’anniversaire. 
 
La crise ?
 
L’année d’avant, tout est décidé : ils vont se séparer. Éliane monte s’installer à Paris avec les trois adolescents d’enfants. Précaution : ils ont eu quelques moments shakespeariens, mais prennent le soin de protéger le mouvement sous forme d’une mise en scène, cette fois juridique. Un adultère est constaté dans un studio niçois, six heures du matin / huissier de justice, pour enregistrer le délit d’Arman. Éliane ne veut pas être taxée d’abandon du domicile conjugal…
 
Tout se précipite ! Lui, doit se replier pour les séjours méditerranéens sur le campus parental Pachatte et Fatheur au Méou à Vence. Pour construire vite l’atelier de travail et aussi la maison « familiale ». Celle du regroupement qui ne va pas se faire. Arman, comme d’habitude n’a peur de rien, il va même la jouer bigame : dans la foulée, il épouse au Mexique sa liaison qui a délié ElianArman.
 
40 ans. Même ceux qui n’aiment pas les anniversaires décident généralement que la dizaine se fête ! C’est pourtant pour cause de la célébration des dix-sept ans de son aînée qui veut aller danser, que le dancing de la Siesta, bord de mer Cagnes-sur-Mer, verra changer le cours de l’histoire.
 
 
Il est un excellent danseur et c’est bien connu comment les filles aiment ça : un bon danseur !
 
Voilà : il y avait les nénuphars posés dans les lumières psychédéliques.
 
Elle dansait.
 
Une petite vingtaine d’âge en moins.
 
C’est elle qui fera le changement du cours de l’histoire.
Elle deviendra et restera Madame Arman.
Les dés sont jetés à la croisée des chemins : la trinité du début se répète.
Micheline – Marianne — Éliane.
Éliane – Joan — Corice.
 
La montre sursaute un arrêt sur le temps :
Divorce officiel — Séparation définitive — Vers le remariage.
 
Il ne faut pas se tromper, c’est comme l’autre fois pas si simple. Éliane voulait le divorce, Arman ne voulait pas. Il lui demande d’accepter un « mariage bourgeois » qu’elle refuse. Elle ne veut plus qu’il continue « — de se glisser dans mon lit » et à en aimer d’autres.
 
Fin de l’histoire : 1971, Arman épouse Corice Canton à Nice et voyage ses noces aux Galápagos avec Jacques Matarasso (libraire et supporter du travail d’Arman depuis le début) et sa femme Madeleine.
 
Le Bidonville devient la résidence d’été. Lord, le chien, resté dans la propriété au moment de la séparation est mort de chagrin. Les affaires de la maison de l’avenue de la Lanterne sont restées stockées à la cave.