Éliane et Arman

 c. 1959.

TREMPLIN.

Ce début de l’année 1959 verra, avec le retour du voyage en Iran d’ÉLIANE et d’ARMAN, la finalisation de la décision d’Éliane de renoncer à sa carrière professionnelle de musicienne.

 

Les galères générées par les absences parentales la ramènent au statut de « femme au foyer » pour entourer les trois enfants.

 

C’est Arman qui va rythmer les voyages à Paris pour avancer dans la mise en place de projets autour de son propre travail. Il visite plein de galeries, rencontre du monde pour convaincre, préparer, défendre et matérialiser des expositions.

Et grâce à toute cette énergie, les choses vont se mettre en place.

 

Le service de l’ORTF va consacrer un film aux ALLURES D’OBJETS. Jacques BRISSOT en est le réalisateur et Pierre SHAEFFER en compose la musique.

 

À la fin de l’année, Arman fait sa première exposition personnelle à Milan à la Galerie Apollinaire.

 

Mais ce qui va marquer résolument cette année, c’est qu’Arman réalise ses premières POUBELLES et ses premières ACCUMULATIONS.

 

Il va faire des compositions dans des boîtes en se servant de déchets pour chercher à reconstituer et faire trace d’une sorte d’instantané photographique du présent.

 

Un soir, il ouvre son tiroir plein des ampoules de radio dont il se sert pour les exploser et faire ses Allures d’objets. Face au tiroir ouvert, c’est comme une révélation : la répétition de l’objet en série qui fait masse dans le nombre va imposer un tournant définitif.

 

Ce n’est plus seulement la trace, mais l’OBJET lui-même qui devient le vecteur à transporter son geste à jamais pour devenir la valeur sûre.