Voyage en Iran

Éliane, le père Stève et la 2 CV, 1958.

LE VOYAGE EN IRAN.

Leur voyage en Iran, combien ARMAN aimait à l’évoquer et le raconter ! 
 
Nous sommes en novembre 1958, un an après qu’ÉLIANE ait renoncé à sa propre trajectoire professionnelle dans la musique.
 
Tout au long de l’année, c’est Arman qui a régulièrement fait des allers-retours à Paris pour multiplier les contacts, trouver des expositions, Nice n’offrant pas de débouchés.
Il fait des « CACHETS » et commence les « ALLURES D’OBJETS ».
 
L’ébauche de l’idée de s’installer à Paris se profile, tandis qu’un de leur ami, un frère dominicain : le père STEVE, épigraphiste (qui a pour objet l’étude des inscriptions) doit repartir pour cette fin d’année en mission à Suze dans le sud de l’Iran. 
L’idée de le raccompagner et de faire ce voyage ensemble est adoptée un soir.
Comme le projet d’une aventure un peu folle : la voiture, LA 2 CV, devrait permettre de s’y rendre en 8 jours et autant pour le retour.
Ils s’appuient dans la logistique sur l’expérience d’un autre de leurs amis Robert GODET qui vient de faire en 2 CV la route jusqu’au Tibet.
 
Ils sont certains d’être revenus pour Noël.
 
La voiture est chargée de la tente pour camper en dehors des haltes dans les monastères chez les pères lazaristes, de deux roues de secours, du matériel de plongée pour se nourrir de poissons, sans oublier un rouleau de grands « CACHETS » qui occupe toute la longueur, du siège avant à celui arrière de la 2 CV.
La tentative de mettre en place une exposition fait partie du voyage.
Une carabine finalise les bagages pour le cas de difficultés à traverser l’instabilité de certaines régions.
 
Au début, tout se passe plutôt bien, jusqu’à la première panne où un cardan rend l’âme.
Avec les 8 jours à attendre sur place la pièce qui doit venir de France.
 
Arman remonte la pièce et..., il ne fait jamais demi-tour...
 
La traversée des plateaux d’Anatolie entre congères et effondrement de neige sera à la mesure du passage du gué qu’il faudra sauter après avoir vidé la 2 CV de son contenu à dos de tronc d’arbre. Pour qu’Arman prenne son élan dans la 2 CV allégée et atterrisse de l’autre bord : plus de suspension du côté droit de la voiture...
 
Qu’à cela ne tienne, ils arrivent à Téhéran avec la voiture chargée toute à gauche...
Pour 8 jours de plus d’immobilisation...
 
Cela faisait déjà un mois qu’ils étaient partis.
 
Ce froid-brûlant va durer trois mois au final.
 
Ils ne réussiront pas à se faire rapatrier par bateau, mais laisseront par reconnaissance pour l’hébergement à cet hôte français, un grand « CACHET ».
Ils apprendront ensuite comment celui-ci, très content en a fait « de magnifiques abat-jours » !!!
 
Le reste des « CACHETS » seront offerts sur le retour aux pères lazaristes qui les accueillent...
 
Leur voyage à rebours ne dépareillera pas l’aller... 
Crevaison deux fois par jour ; ils restent bloqués dans la neige avant de choisir de longer la Mer Noire.
Éliane voyage la carabine sur ses genoux.
 
Ils traverseront d’une traite et sans dormir l’Italie pour crier victoire au panneau FRANCE à la sortie du col de Tende.
 
Ils arrivent avec la 2 CV en miettes. Arman, devenu spécialiste la connaît par cœur et décide de tout démonter pour tout remplacer.
Pendant ce périple, son œil exercé de collectionneur avait sélectionné une série de bronzes du Louristan qu’il vend pour rembourser leurs dettes.
Photo d'Arman

Arman, 1958.